Clientèles

Différents types de clientèles peuvent rechercher les services d'un orthophoniste. Voici des exemples de difficultés pour lesquelles un orthophoniste peut vous aider.

Clientèles pédiatriques

Retard d’acquisition du langage

Certains enfants tardent à parler. Ou ils ont un langage qui se développe à un rythme qui apparaît plus lent que normal. Il se pourrait qu'ils présentent un retard d’acquisition du langage. Le langage ressemble alors à celui d’un enfant plus jeune. Le retard peut affecter la prononciation, l’acquisition du vocabulaire, la capacité à structurer sa pensée en phrases. Mais il peut aussi affecter la compréhension des consignes ou demandes verbales.

Trouble du langage développemental (dysphasie, trouble primaire du langage)

« La dysphasie est un trouble primaire du langage, dans les sphères expressive ou expressive et réceptive, qui s’observe par des atteintes variables affectant le développement de plus d’une composante du langage : phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, pragmatique.

En plus d’une hétérogénéité des manifestations de ce trouble d’un individu à l’autre, il se caractérise, chez un même individu, par sa persistance, par la variabilité du portrait clinique dans le temps, de même que par une forte probabilité qu’il y ait peu d’évolution sans intervention.  La dysphasie est souvent accompagnée d’autres signes et peut coexister avec d’autres déficiences.

La dysphasie a des répercussions qui peuvent entraver le développement et le fonctionnement de l’individu sur les plans personnel, social, scolaire et professionnel.  Par conséquent, la dysphasie engendre des situations de handicap et des préjudices variables pour l’individu et son entourage selon les circonstances et à tous âges de la vie. »  (OOAQ)

Confirmer un trouble primaire du langage est un processus complexe. L'orthophoniste est spécialiste de ce trouble. Il doit notamment s’assurer que le trouble est bien primaire. C'est-à-dire qu'il n'est pas consécutif à un trouble auditif ou cognitif. Il doit aussi constater la persistance des difficultés. Tout cela signifie qu’il est extrêmement ardu de poser une telle conclusion à la suite d'une évaluation seule et ce, peu importe l'ampleur de cette évaluation. Une hypothèse de trouble primaire du langage pourrait toutefois être émise. Une conclusion de trouble primaire du langage ne peut pas être posée avant l'âge de 4 ans.

Dyspraxie verbale

« La dyspraxie verbale est un trouble du mouvement pour produire la parole.  L’enfant atteint de dyspraxie ne sait pas toujours comment placer sa bouche pour parler ou faire d’autres gestes oraux tels que contrôler sa salive, souffler, mastiquer, boire ou se moucher.

Pour l’enfant dyspraxique, il est difficile d’apprendre à parler, car parler exige la coordination de beaucoup de mouvements : des lèvres, de la langue, des joues, des cordes vocales, de la respiration.  Plus les mots sont longs, plus il y a de mouvements à faire et plus c’est difficile pour l’enfant.  La dyspraxie verbale est d’origine neurologique et n’est pas due à un manque de stimulation. » (IRDPQ. « La dyspraxie verbale », brochure d’information.  Disponible sur www.irdpq.qc.ca)

Clientèles d'âge scolaire

Dyslexie et dysorthographie

Une personne dont les difficultés sont persistantes et prédominantes dans l’identification de mots écrits présente une dyslexie.  Ce trouble se manifeste par un manque d’habiletés à lire un mot de façon suffisamment juste (précision), ou suffisamment rapide (automatisation), pour que celui-ci soit bien compris. Parallèlement, la dysorthographie se manifeste par un manque d’habiletés à écrire un mot de façon suffisamment juste (précision), pour respecter l’orthographe lexicale ou encore de façon suffisamment rapide (automatisation).

Les difficultés de lecture du dyslexique auront souvent des conséquences négatives sur la compréhension de textes. Les répercussions en contexte scolaire sont donc nombreuses et variées : résolution de problèmes en mathématiques, lecture de texte en histoire, etc. Parallèlement, les difficultés en écriture du dysorthographique auront souvent des conséquences négatives sur la production de textes.

Une personne peut n’être que dyslexique ou que dysorthographique. Cependant, elle présentera généralement un degré d’atteinte à la fois en lecture et en écriture puisque les mêmes habiletés sous-tendent ces deux tâches.

À la suite de l’évaluation par l'orthophoniste, un traitement orthophonique peut s'avérer tout indiqué et peut être complémentaire à des services en orthopédagogie.  L’orthophoniste pourra travailler à la base du problème, qui souvent est d’origine langagière (faiblesses orales également présentes mais subtiles), et accompagner la personne vers une meilleure réussite scolaire.  Il saura aussi mettre en place des outils technologiques lorsque ceux-ci apparaissent nécessaires à la poursuite du parcours scolaire.

Dyscalculie

La dyscalculie est un trouble dans l’acquisition d’un ou de plusieurs composants nécessaires au fonctionnement des activités logico-mathématiques. Le composant linguistique, le composant arithmétique, le composant mnésique, le composant sémantique ou le composant perceptif.

L’orthophoniste sera à même de déterminer quels composants sont atteints. Il analysera les difficultés vécues par le jeune en comptage, dénombrement, dictée ou lecture de nombres, compréhension de problèmes arithmétiques, résolution d’opérations mathématiques, gestion des procédures en résolution de problèmes, calcul mental, comparaison de quantités, repérage de la valeur d’un chiffre en fonction de sa position dans un nombre, géométrie, etc. Il pourra ensuite entreprendre un traitement ciblé afin d’amener le jeune à mieux progresser en mathématiques.

Clientèles de tous âges

Bégaiement

« Le bégaiement est un trouble de parole d’origine neuromusculaire. Il affecte la coordination des organes et des muscles pour produire la parole (cordes vocales, langue, lèvres, mâchoires, muscles de la respiration, etc.). Plusieurs personnes héritent à la naissance d’un système de parole plus fragile (prédisposition génétique). Cette fragilité de la parole peut être influencée par plusieurs facteurs personnels et environnementaux comme la fatigue, le stress, les émotions, l’interlocuteur et ses attitudes de communication, les contraintes de temps, etc. Environ 5% des enfants bégaient à un moment ou un autre au cours de leur enfance, mais le problème de bégaiement persisterait seulement chez 1% de la population.

Le bégaiement se manifeste par des moments de bégaiement aussi appelés dysfluidités. Les blocages et les prolongements de sons ainsi que les répétitions de sons, de syllabes, de mots ou de parties de phrases en sont des exemples. Le bégaiement peut également se manifester par des comportements secondaires présents lors des moments de bégaiement. Par exemple, on peut noter des mouvements comme des clignements des yeux, des hochements de tête ou des mouvements des pieds ou des mains. Ces manifestations s’appellent des mouvements associés. La fluidité de la parole correspond à une parole qui ne présente pas de moment de bégaiement, on dit alors que la parole est fluide.

Le bégaiement est un trouble qui apparaît le plus souvent durant l’enfance, entre 2 et 5 ans. Chez plusieurs enfants d’âge préscolaire, il est possible d’observer un bégaiement transitoire. C'est un bégaiement pour lequel il y aura une récupération spontanée, sans intervention. La récupération spontanée se produit normalement dans l’année suivant l’apparition du bégaiement. » (tiré de http://www.crme-sainte-justine.org/adapte/conseil-du-mois.aspx?IdConseil=1613)

Trouble articulatoire

Un trouble articulatoire est causé par une faiblesse ou un déséquilibre dans les muscles et articulateurs jouant un rôle dans la parole.  Ainsi, un son produit avec une distorsion (par exemple, parler « sur le bout de la langue ») peut provenir d’un problème au niveau de la mâchoire, des lèvres ou de la langue.  Un programme peut être mis en place par l’orthophoniste pour rétablir l’équilibre musculaire nécessaire à la correction du ou des sons ciblés.  Ce type d'intervention nécessite une collaboration assidue de la part de la personne. Elle devra pratiquer des exercices quotidiennement afin d’obtenir les résultats recherchés.  C’est pourquoi ces troubles sont rarement travaillés auprès des jeunes enfants. Toutefois, un travail préalable peut être entrepris en jeune âge lorsqu’un problème au niveau du mécanisme oral périphérique est apparent (par exemple, si l’enfant bave).

Déglutition atypique et troubles orofaciaux myofonctionnels

« Les troubles pro-faciaux myofonctionnels (TOM) sont les patrons moteurs qui impliquent la musculature orale et orofaciale et qui interfèrent dans la croissance, le développement ou dans le fonctionnement des structures ou qui attirent l'attention. » (ASHA, 1993)

Ces troubles affecteraient 38% de la population générale (Kellum, 1994). Ils peuvent se traduire de façon assez marquée : une bouche béante au repos, des lèvres flasques ou ourlées (rendant les dents visibles), une protrusion de la langue (visible au repos, lors de la parole, et lors de l'alimentation), des troubles articulatoires, etc. Cependant, ils peuvent aussi avoir des répercussions plus discrètes : maux de tête chroniques, bruxisme, douleurs musculaires orofaciales, etc. En outre, ils peuvent résulter en une malocclusion dentaire.

Ainsi, l’orthodontiste ne pourra à lui seul rendre une dentition parfaite. En effet, le TOM résultera à nouveau en un déplacement des dents à la suite du traitement orthodontique.  Un traitement orthophonique peut donc contribuer à obtenir des résultats durables.  L’orthophoniste pourra également constater si des problèmes associés, tels qu’une respiration buccale ou un sigmatisme (cf. trouble de l’articulation) sont aussi présents. Le cas échéant, il pourra amener son client à corriger tous ces problèmes.  Ce travail implique une conscience des mouvements fins de la sphère oro-faciale. C’est pourquoi ces troubles sont rarement travaillés auprès des jeunes enfants. Un travail préalable peut toutefois être entrepris en jeune âge lorsqu’un problème au niveau du mécanisme oral périphérique est apparent (par exemple, si l’enfant bave).

Voix

Un trouble de voix engendre une voix éteinte, rauque ou éraillée et s’accompagne fréquemment de fatigue vocale. Il est causé par un mauvais usage vocal ou la présence d’une pathologie vocale (ex. : polypes ou nodules). Une visite chez l’oto-rhino-laryngologiste est alors fortement recommandée. Ce médecin spécialiste pourra examiner votre larynx et vous suggérer le traitement le plus approprié. Une rééducation vocale en orthophonie pourrait être recommandée. L’orthophoniste pourra identifier avec vous si de mauvaises habitudes vocales doivent être éliminées.  Il pourra également vous montrer des exercices afin d’améliorer votre technique vocale.

Ce type de trouble n'est pas encore pris en charge par la Clinique d'Orthophonie Harricana. Toutefois, n'hésitez pas nous contacter afin de nous informer de votre souhait de voir ce service se développer.

Troubles de résonance

Il arrive qu’une personne ait une voix nasillarde ou semble enrhumée sans toutefois l’être. On dira alors qu’il ou qu’elle « parle du nez ».  Ces personnes présentent un trouble de la résonance.  Normalement, la voix « résonne » dans la bouche ou dans le nez grâce à l’intégrité des structures  anatomiques et au bon fonctionnement du voile du palais (la luette). Une consultation en oto-rhino-laryngologie permettra de déterminer la cause d’un problème de résonance. L’orthophoniste est le spécialiste qui pourra rééduquer le fonctionnement du voile du palais afin d’obtenir la résonance la plus naturelle possible.

Ce type de trouble n'est pas encore pris en charge par la Clinique d'Orthophonie Harricana. Toutefois, n'hésitez pas nous contacter afin de nous informer de votre souhait de voir ce service se développer.

Hypothèses ou diagnostics posés par un autre professionnel de la santé

Lorsqu'une personne présente une hypothèse ou un diagnostic émis par un pédopsychiatre, un neuropsychologue, un audiologiste ou tout autre professionnel de la santé, il se peut que ce professionnel lui conseille alors d’obtenir les services d’un orthophoniste.

En effet, de nombreux diagnostics présentent des troubles associés. Parmi ceux-ci, nous trouvons les troubles de langage oral ou écrit, la dyspraxie verbale, le trouble orofacial-myofonctionnel et la dyscalculie.

Ainsi, les orthophonistes travaillent régulièrement avec des personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme, un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, une déficience intellectuelle, une déficience auditive ou un trouble de traitement auditif.  Des syndromes divers, quoique moins fréquents, présentent aussi des troubles associés pour lesquels l’orthophoniste sera d’une grande aide.